Pour moi, l’amour c’est ce qui arrivait quand une femme oubliait sa casserole sur le feu. Et je n’avais jamais fait brûler mes plats.
J’ai collectionné les amoureux et un jour j’ai décidé que c’était fini les flirts sans avenir. Assez d’offrir mon corps aux hommes de passage, à ceux rencontrés dans les bars, à ceux frôlés dans les boites de nuit et ceux que je ramassais en fin de soirée au comptoir. J’ai donc décrété que je me passerais des hommes en attendant mon prince charmant. Je vis bien mon célibat choisi et assumé. Je sais bien qu’un jour mon cœur s’ouvrira mais ce jour n’est pas encore là !
Quand je me regarde dans le psyché de l’entrée, je vois d’abord une silhouette élancée et surtout une poitrine généreuse que je cache sous ma collection de pulls informes. Je m’appelle Anna. Je ne suis ni laide ni jolie, j’ai signé un pacte de non-agression avec mon corps. A vrai dire je fais en sorte de ne pas trop le maltraiter avec des excès en tous genre en échange d’un poids stable et de formes harmonieuses. Quel est mon âge ? 30 ans. C’est pour cela que mon choix de vie monacale fait rire un peu tout le monde. J’aime les hommes mais je suis certaine que quelque part une moitié de moi existe et m’attend. Mais les mois se succèdent et mes fins de soirée se finissent en pyjama et sous la couette, seule.
Il y a six mois, j’ai franchi un nouveau cap face aux regards des autres en achetant mon premier appartement. Alors que mes amis attendent d’être en couple et bien mariés pour foncer dans les investissements ; je me suis lancée dans l’aventure immobilière. J’ai racheté l’appartement de ma mère. Elle souhaitait quitter la France. J’en ai profité pour revenir m’installer au cœur de Moans. J’habite là depuis toujours. Cette grande ville respire au rythme des battements de mon cœur. J’ai poussé mon premier cri tout proche de l’artère principal du centre-ville. Ma mère n’avait pas voulu me mettre au monde dans une clinique froide et impersonnelle. Le jardin Monceau m’a vu grandir, passer du bac à sable aux balançoires. Ce grand terrain vert avait abrité mes premières courses à vélo et mes premiers baisers cachés.
Le vacarme des voitures, leurs klaxons aux heures de pointe ont toujours été des bruits doux à mes oreilles. Certains détestent les grands ensembles, je ne peux vivre sans. Malgré la grisaille des matins d’hiver, malgré la chaleur étouffante des nuits d’été, je ne peux m’imaginer ailleurs qu’ici. Moans, ville urbaine d’au moins 1 million d’âmes. Les grattes ciel se font de la concurrence. C’est à celui qui touchera le ciel le premier. Les antennes et paraboles ont petit à petit disparu grâce au passage au numérique.
Depuis mon plus jeune âge je me suis jurée de toujours habiter dans ma rue préférée, celle la plus au centre de la ville : la rue des ogresses. Quel nom pour une rue si charmante ! Située au cœur du quartier ancien de la ville, elle est l’histoire de Moans. C’est la rue où ma mère chérie s’est installée à son arrivée d’Algérie. C’était il y a plus de 30 ans. Moans n’était pas aussi peuplée. Le soleil perce dès le matin à travers les maisons hautes et inonde la rue une grande partie de la journée. Mon lieu favori après mon appartement est la boutique de Judith, boutique bien nommée « Le boudoir des fées ». Mon amie est la plus drôle personnalité que je connaisse et la plus attachante qui soit. Elle a ouvert ce lieu insolite et unique il y a si longtemps.
C’était l’ancien bazar du quartier. Tout a été réaménagé. Judith y a mis toute son énergie. Mais aujourd’hui on sent bien qu’elle est heureuse d’y accueillir amis et clients. Chaque matin, on voit ce joli sourire quand elle introduit les clés dans la serrure de la boutique aux lettres violettes. J’aime plus que tout ce moment où je pousse la porte et où j’entends cette mélodie qui se déclenche à chaque entrée. Judith y a construit un monde idéal. Les femmes entrent et y trouvent confort, surprises et bonheurs. Quelquefois les hommes passent la porte. En général ce sont des amants attentionnés venus demander conseil pour trouver un cadeau destiné à leur amoureuse.
Le boudoir des fées est mon refuge aux brouhahas de la ville. J’adore pourtant tous les bruits apparents et ceux cachés de la ville, les souffles des bouches d’égouts, les cliquetis des pancartes publicitaires sur les façades, les cris des hommes ivres dans les rues, la nuit. Cette ville m’appartient et je ne peux m’en détacher. J’ai bien essayé d’aller vivre ailleurs, il y a 5 ans. J’en ai eu soudain assez et j’ai eu besoin de respirer l’air plus pur de la campagne. Cela n’a pas duré ! Quelques mois de déprime glissante, des ballades en solo qui finissent en pleurs, un abonnement au cinéma de quartier afin d’éviter l’ennui du dimanche et 10 kilos pris sur mes formes si harmonieuses. Mes amies m’ont traité de folle de jeter l’éponge aussi vite et de revenir en ville. A cette époque, c’était plutôt bien vu d’aller se réfugier en rase campagne. Revenir à la ville c’était pour moi comme revenir à la vie. Je ne peux me passer du « ding » du tramway. Je ne peux pas imaginer devoir attendre le lundi matin pour aller ravitailler mon frigo en perdition. Sur ma carte d’identité, j’aime tant lire que je suis née ici. Ils sont rares les gens du cru ! On rencontre plutôt des personnes venues un peu forcées par le cours de leur vie. Travail, accès aux écoles, de multiples raisons qui poussent les ruraux à monter la ville. Aucun vert pâturage ne me fait rêver.
Depuis que je suis revenue au cœur de Moans, j’ai vendu ma voiture. Non pas que je n’ai pas les moyens de l’entretenir mais je veux profiter de ma cité chérie. Je pars donc à pied tous les matins rejoindre le Boudoir. Sur le chemin, je découvre toujours un détail auquel je n’ai pas encore prêté attention : le boulanger qui change sa vitrine, le restaurateur qui affiche ses nouveaux menus, la voisine qui lave son bout de trottoir …Comment préférer le calme de la campagne si plate et si tranquille ? Comment aimer respirer l’air soi-disant pur des villes de province ?
J’aime tant ce lieu que j’ai attribué à mon chat le nom si musical de ma ville. Le minou répond au doux nom de Moans. Et à chaque fois que je l’appelle, je ressens une légère euphorie. Les lettres résonnent, le « s » siffle entre mes lèvres et le matou vient se lover contre mes jambes. Des dizaines de fois par jour, j’ai le prétexte pour chantonner ce doux vocable. Comment puis-je décemment avouer préférer la circulation polluée aux routes désertes de la vallée ? Comment puis-je défendre mon point de vue face à la haine urbaine ambiante ? Une citadine, je suis et je resterais !
Je vois pourtant mes proches un à un s’éloigner. Au fur et à mesure des mariages et des divorces, tous prennent de la distance avec la grande ville. Là aussi ils trouvent mille prétextes au départ : asthme du petit, désir d’avoir un jardin, aversion pour le bruit de la rue…Je ne flanche pas, Moans me tiendra compagnie quand ils seront tous partis. La première fois que j’ai entendu parler de Max, c’est Judith qui a prononcé son prénom. C’était sa dernière découverte. Judith a un penchant pour les nouveaux écrivains. Elle tente régulièrement d’éditer des artistes maudits. Elle n’a jamais fait fortune et a plutôt vidé sa tirelire en faisant acte de charité pour publier ses trouvailles littéraires. Moi, je l’aide de temps à autre en acceptant de lire des manuscrits. J’annote, souligne et crayonne. Mais souvent je m’endors sur les textes. Comme tous les jours, je rejoins mon bureau, au premier étage d’un immeuble de verre. Avant je passe prendre mon café et me ressourcer durant une heure de babillage avec Judith.
Ensuite vient l’heure de partir faire remuer mes méninges dans l’agence de publicité qui m’a embauché il y a 5 ans. Je suis ce qu’on appelle une créative, je mets en musique, invente les slogans, bricole de nouveaux noms et surfe sur toutes les tendances. Grace à Judith, je m’autorise à lire autre chose que les catalogues publicitaires de mes clients et je prends un plaisir non dissimulé à relire des livres qui ont bercé mon adolescence.
Ce matin, je sais que j’ai du retard dans mes lectures car je vois sur le meuble de mon salon les enveloppes kraft s’accumuler. Notre duo improbable fait sourire nos amis. Chacune si différente mais liées par un lien invisible sans légende. Certains nous prennent pour mère et fille. D’autres ont du mal à nous imaginer si proches car nous avons une sacré différence d’âge. J’aurais aimé avoir une mère comme Judith. La mienne est partie vivre sa retraite au soleil d’Alger en quête de ses racines. Elle n’a jamais été très maternelle, je me suis faite une raison et c’est peut-être pour cela que je n’ai toujours pas le désir d’être mère à mon tour. Judith sa meilleure amie n’a pas eu d’enfant et s’est occupée de moi.
Judith ne parle jamais de sa famille, de ses parents ni du lieu où elle a grandi, l’Algérie. Elle perdu son amoureux, une vilaine maladie, une déchéance qui l’a poussé un matin à débrancher tous les appareils de la chambre grise de l’hôpital. Le corps tant aimé périssait, branché, raccordé et Judith n’a pas pu supporter cela plus de six mois.
Ce samedi quand je rentre vers 21 heures dans mon appartement rue des Ogresses, je suis fatiguée de ma semaine et de ma journée à aider Judith à la boutique. Je n’ai pas du tout envie de lire encore les déboires amoureux d’une femme de quarante ans, je refuse de me pencher sur les délires sexuels d’un grand malade. J’en ai assez de lire et relire toujours les mêmes histoires d’amour. Malgré le tas de textes que je n’ai pas encore lus, Judith a pourtant insisté pour que je prenne une autre enveloppe. Celle qu’elle a reçue en début de mois, son auteur s’appelle Max. Judith m’en a parlé avec une lumière étrange dans les yeux. Je prépare donc mon rituel : une tasse de thé fumante et un plateau de victuailles comprenant au moins l’intégralité des calories interdites de la semaine.
Ce que je ne sais pas encore c’est combien ma vie va changer…..
A la lecture des premières phrases, me voilà envoutée, transportée par cet homme. Comment un auteur parvint il à toucher ses lecteurs de cette manière ? Des mots simples, des phrases qui chantent, un air de musique qui s’incruste dans mes oreilles. Cette nuit-là je relis deux fois ce livre. C’est un récit simple, celui d’un trentenaire qui vit au bord de la mer. Un homme qui a perdu le contact avec la société. Il vit à notre époque mais pourtant semble si à part. Il a dû souffrir, on le devine mais cette pudeur à ne pas dévoiler ses blessures rend l’âme encore plus noble. Max écrit la mer, les soirées en solitaire. Les courses qu’on ne fait plus car on ne veut faire plaisir à personne. Il parle de ce sentiment d’être à part mais seul. Il raconte cette sensation d’avancer dans la vie en étant orphelin. Max étale sa solitude comme un drapeau, une manière de vie. Je m’y retrouve, je m’y installe. Il parle de Moans, de la grande ville. Elle lui fait peur et semble le tenir à distance. Il y a grandi. Chose troublante pour la cartésienne que je suis mais nous avons fréquenté les mêmes bancs publics, les cabanes du parc ont servi de même tableau à nos gouters d’enfant.
Je suis à la fois touchée par ce regard d’homme sur ma ville et agacée. Je suis suffisamment tolérante pour accepter que les gens n’aiment pas la ville mais là Max va loin….Il décrit Moans comme une sorcière. Une fée de mauvaise augure qui envoute les humains et mettrait les animaux et la flore au tapis. Il ne connait pas ma rue des Ogresses, c’est certain ! Malgré ce point de divergence, je prends un plaisir presque charnel à lire ses mots. Cette nuit-là, je ne dors pas malgré ma fatigue. Mes yeux cherchent des réponses, mon âme sent que son point d’équilibre bascule. Je deviens folle c’est évident….Ou bien je suis encore plus fatiguée que je ne le pensais ! Les heures tardives ont raison de moi et je finis par m’assoupir sur mon canapé.
Je passe mon dimanche à faire des recherches sur internet. Je cherche des informations sur ce fameux Max. A-t-il déjà publié ou traine t’il sur des forums ? Il parle de l’Algérie, il semble avoir des liens avec Alger tout comme ma mère et Judith.
Le lendemain, je file au Boudoir encore plus tôt. Il faut absolument que Judith édite Max. Ce livre doit être lu. Je n’ai pas à convaincre très longtemps mon amie car la lumière dans ses yeux est encore là quand j’évoque ce livre magique. Elle aussi a été émue par cet homme.
Quand elle me demande d’être l’interlocutrice de Max, je ne peux qu’accepter. Le public ne doit pas passer à côté de cet auteur et je vais mettre mon talent de publicitaire pour faire le connaitre.
En arrivant au bureau, je lance mon ordinateur, ouvre ma messagerie et écris :
« Cher Max,
Ma nuit a été de couleur blanche. Vos mots m’ont ému. Judith souhaite vous publier. Je vous propose d’être votre lien avec elle et l’imprimeur.
Amicalement,
Anna »
La réponse ne tarde pas à arriver dans ma boite mail.
« Anna,
Merci de votre compliment. Le modeste auteur que je suis est toujours à la recherche de sa voix. Je ne suis pas un écrivain mais un écrivant qui aspire à toucher les âmes. Chose faite avec la vôtre, j’en suis ravi.
Max »
Aujourd’hui, deux mois après ce premier échange, je peux sourire des échanges de mails qui se sont installés. J’ai découvert derrière tous ces mots un homme. Je passe sur les sentiments et sensations qui se sont révélés à moi. Je ne vous raconte pas la tournure qu’a prise notre correspondance. J’apprivoise cette âme solitaire. Il donne un sens à mes journées en m’envoyant des messages tendres, drôles et pimentés.
Nous redoutons le jour où son livre sera enfin imprimé. Cela signifie que nos regards vont vraiment se découvrir.
Ce matin-là pourtant quand je sors de mon appartement, je suis fébrile, un mélange de peur et d’excitation. L’imprimeur a fait livrer un carton de livres Judith a fixé la signature au Boudoir à 15heures. J’ai travaillé pour attirer la presse locale.
J’ai mis une jolie robe blanche. Je tiens entre mes mains son livre. Je sais que ce sera un grand succès. Quelques clients fidèles ont lu l’épreuve et attendent fermement de voir l’auteur en chair et en os. Moi aussi…J’ai tout imaginé même le pire ! Pourtant au fond de moi, je le devine beau. J’ai donné rendez-vous à Max à la boutique. Nous allons nous voir, enfin. On s’est tant écrit que l’on semble se connaitre si bien. On ne s’est toujours pas vu. Nous avons refusé l’envoi de photos bien trop banales. Nous sentons bien tous les deux que notre histoire ne l’est pas banale.
Il fait si beau aujourd’hui. Ma ville est fleurie comme joyeuse d’accueillir Max.
Quand il pousse la porte du Boudoir, je devine de suite que c’est lui. Il est grand, plus que moi. Je suis frappée par sa chevelure brune retenue par un élastique. Il est habillé d’un jean et semble avoir fait une concession pour l’occasion en revêtant une chemisette blanche qui ne fait que relever son teint bruni par l’air marin. Ces traits sont marqués par l’Orient. Il me sourit également, il m’a reconnu. Judith est au fond de la boutique, elle voit tout et sourit.
Nous passons notre première journée dans un tourbillon de signatures, d’encouragements de lecteurs et de bouquets de fleurs. Coté à côte, nous vivons comme dans un monde parallèle. Nos regards se croisent et se cherchent. Je garde mes lunettes de soleil afin d’éviter que Max voit trop clair en moi, trop vite. Je suis amoureuse de cet homme et j’ai envie de lui. Son âme m’a touché, ses mots m’ont fait trembler. Son regard, aujourd’hui ne fait que confirmer ce que je sens au plus profond de moi.
Entre deux clients, nous échangeons de vrais mots, plus pudiques que ceux que nous nous sommes autorisés ces derniers jours par écrit. Sous le regard bienveillant de Judith, nous rendons compte que nos chemins se sont croisés à nombreuses reprises. Sa famille est originaire du même village d’Algérie que celui qui a abrité ma mère. Doit-on parler du destin ? Certains nomment ce phénomène Mektoub…. Ce fil tendu entre nous, nous le voyons tous les deux. Nous cherchons nos regards, nos mains ont à maintes reprises l’envie de se mêler. Nos lèvres vont finir par se découvrir le soir quand Max me raccompagne chez moi.
Il connait la rue des Ogresses, sa mère y a vécu. A la même adresse que moi, au deuxième étage.
« Octobre…
Ma Judith,
J’espère que ton installation à Alger se passe bien. Maman a dû être surprise de te voir arriver !
Avez-vous commencé à chercher Amina la mère de Max ? Je sais qu’il ne croit pas qu’elle soit en vie mais j’ai espoir. Notre histoire est trop liée à la sienne pour que tout s’arrête comme ça. Imagines quand votre amie d’enfance va découvrir que son fils est en vie et qu’il vit rue des ogresses ? J’aimerais être une petite souris pour assister à vos retrouvailles !
Ici tout est merveilleux. A l’agence ils ont été surpris mais pas trop. Le Boudoir se porte bien, j’ai tant de plaisir à ouvrir la porte tous les matins….Je t’enverrais des photos de ma dernière vitrine.
Max a adopté Moans mon minou et commence à se réconcilier avec la ville. Ce week-end nous retournons chez lui. J’ai hâte de découvrir son antre !
Je pense fort à toi, écris moi vite ! Embrasses ma mère.
Ton Anna heureuse «
J’envoie au moins une lettre par semaine à Judith. Dès qu’elle aura une connexion, nos échanges seront plus faciles. Ma mère elle n’aime pas écrire.
Avant de nous quitter, Judith nous a raconté cette histoire fabuleuse. Amina la mère de Max, maman et elle se sont connues à Alger. Leurs trois familles travaillaient ensemble sur le port. Les trois jeunes filles sont venues tenter leur chance en France et se sont installées à Moans. Chacune a rencontré l’amour et s’est mariée. Le mari d’Amina, le père de Max a disparu du jour au lendemain sans donner d’explication. Amina était enceinte. Le mari de Judith est tombé malade et est mort 6 mois après. Les deux jeunes femmes déjà très soudées ont vécu leur grossesse seules, entre elles. Maman s’était mariée elle aussi et filait le parfait amour avec mon père.
Judith a tout de suite investi le Boudoir et a donné toute son énergie. Amina a sombré dans la dépression. Quand nous sommes nés Max et moi, Judith nous a installé dans le même couffin jusqu’au départ définitif d’Amina pour Alger.
Max a été confié à une famille d’accueil à Moans. Maman a continué à lui rendre visite en mémoire pour son amie. Mais très vite la vie a repris ses droits, la famille d’adoption de Max est partie s’installer au bord de la mer. Judith elle aussi a perdu le contact. Jusqu’à ce fameux jour où elle a découvert le livre de Max. Il connaissait son histoire car sa mère adoptive lui avait tout raconté avant de mourir. Judith a tout de suite su qu’il était le fils chéri d’Amina. Elle a choisi de me laisser le contact avec lui car elle avait peur des retrouvailles.
Dès qu’elle nous a vu tous les deux dans la librairie, Judith a su qu’il lui fallait partir retrouver Amina à Alger, coute que coute. Elle a changé de vie en quelques semaines.
Moi aussi ma vie a sacrément changé ! Bon d’accord, je ne sors toujours pas le samedi soir. Mais du statut de célibataire je suis passée à celui de femme amoureuse, du rôle de salariée j’ai choisi le costume de commerçante.
Ma garde-robe a elle aussi changé, je mets de beaux décolletés et à présent, je fais brûler toutes mes casseroles…..
Fin
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