On passe notre temps à se contrarier
S’éloigner des bords pour ne pas se noyer
Temps passé à s’éviter
Pour ne pas trop se rapprocher
Pas trop se brûler les doigts, juste se réchauffer
On passe notre temps à se contraindre
Plier les ronds, entrer de force dans des carrés
Temps perdu à se perdre
Pour ne pas trop s’effleurer
Pas trop jeter ses yeux, juste se dévorer
On passe notre temps à se fatiguer
Courir le long, monter les pentes
Temps passé à s’étourdir
Pour ne pas trop s’écouter
Pas sauter dans le vide, juste voler
Volées les minutes délicates, les consommer
Attrapées les secondes fines, les serrer
Le soleil se couche, l’herbe grasse parfume
Il est l’heure des poètes
Temps passé à rêver
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