Bibliophilie

Vous avez déjà observé des personnes faire les courses au supermarché ? Déjà rencontré des acheteurs compulsifs qui ne prennent même pas le temps de regarder les produits, les marques ni même les prix ?

Le secret que je vais vous livrer aujourd’hui vous étonnera à moitié…

Quand est-ce que cela a commencé ? Vers 13 ans environ. Mon père travaillait dans une grande entreprise qui possédait une bibliothèque pour les enfants des salariés. Je n’en connais plus aujourd’hui. La culture ne leur plus qu’à défiscaliser.

Donc, mon père, tous les vendredi, rentrait du travail avec une poche débordante de livres. Des romans, des bandes dessinées pour mon frère et moi. C’était à chaque fin de semaine la bonne surprise. Véritable lectrice, j’avalais chaque ouvrage sans les avoir choisis. Et c’est bien cela qui me rendait si heureuse…
Découvrir des choses auxquelles je n’aurai pas forcément penché naturellement. Enfin ça c’est maintenant que je conceptualise ! Ado, j’y voyais les jeux du hasard, les bonnes étoiles qui me mettaient sur le chemin d’autant de plumes talentueuses.

C’est grâce à ces aléas des choix paternels que j’ai eu la chance de lire des ouvrages pas de mon âge, revisiter les classiques, découvrir le théâtre…Vous allez me dire « C’est ton père qui choisissait pour toi ! », je vous entends déjà ! Et bien non ! Sachez qu’il prenait au pif …vraiment…Il faisait pareil pour tellement d’autres choses !

Cette technique liée au hasard m’est restée. Si vous me croisez à la bibliothèque, (oui, je fais partie des dinosaures qui empruntent beaucoup), vous verrez que je remplis mon sac immense avec des romans, des livres d’art, de ouvrages de photos…Parfois je tombe sur des pépites qui me révèlent une plume, parfois je tombe sur des navets que je remets assez vite dans le sac.

Je suis comme ces addicts du shopping mais avec les livres…La bibliothèque me permet de pondérer mes élans et de faire souffler mon porte monnaie. Faut dire que j’ai été bien éduquée…Mon père (encore lui décidément !) me promenait chez le disquaire (Nugget pour les anciens) et chez le libraire (Mollat pour les bordelais) chaque samedi matin en me laissant choisir. Lui de son côté, achetait les hits du top 50 sans même les connaître. Nous n’avions pas le même rapport à la culture c’est évident entre ces années 80 qu’aujourd’hui.

Mon bibliothécaire de quartier a eu une riche idée l’été dernier, comme s’il avait vent de ce petit secret…Il avait préparé plusieurs sacs en papier kraft et écrit sur chacun un mot «  mer » « enquête » « voyage ». Il avait préparé une sélection d’ouvrages et laissait la surprise aux lecteurs audacieux. Vous imaginez bien que j’ai sauté sur l’occasion !

Je me bats un peu avec ma chipie qui aurait tendance à rationnaliser ses choix…J’aimerai qu’elle se laisse porter aussi comme j’ai pu le faire à son âge. Sans trop poser de question, seulement pour l’aventure.

Car véritablement m’est resté ce goût certain pour la découverte d’auteurs, une curiosité immense et un plaisir non dissimulé à jouer à plouf plouf.

Alors, on compte ?

Am, stram, gram,

Pic et pic et colégram,

Bour et bour et ratatam,

Am, stram,gram »

 

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