Ils m’ont dit que j’étais trop
Trop de tout, trop de brins
Eclats de mots, gestes haut en couleur
Mes pieds attachés au sol, tête dans l’univers, loin
Insultes claquées, trop de riens
Trop vite, trop bien
Ce devait être bâclé, menteuse
Mes yeux pleurent, mes mains saignent
Tu es trop, tu me tues
Trop froide, trop rêveuse
Collée aux murs de crépi, assommée
Terrassée par les injures, lâche injustice
Tout est faux, pacotilles, tu exagères
Tu délires, tu racontes, t’écris
Trop artiste, trop triste, trop en dehors
Tout en couleurs, trop secrète, trop de pression
Paquet de kilos de trop sous le sapin
Que faire de ces épines, de ces ballots
Trop d’énergies, trop de passions
Regards de peurs et de mépris
Ils me crient des litres lestés de trop
Déversent des aiguilles de crainte
Futiles étincelles sur l’asphalte
Je suis seulement mon unique magicienne
Dans mon monde, les yeux transpercent les écorces
Les tableaux caressent les âmes
Chaque musique emporte les corps dans une nuée d’étoiles
Les anges se tiennent derrière moi en riant
Dans ma planète, les ciels sont couleurs mélangées
Pôles inversés, échelles, tête à l’envers
A même les pentes, les châteaux s’édifient
Dans mon monde, les peaux se marquent
Les fables coulent des bouches en cascade
Les fleurs jaillissent de bétons noirs d’espoirs perdus
Les injonctions meurent dans un râle malade
Des voleurs de vérité sont étranglés
Dans mon monde, mes trop se tissent en gratitude
Tout résonne sans raison
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