La fille de la brume marche
Pas hésitants sur le sable mouillé
Ultimes traces du passage voilé
Avancer face au vacarme des vagues
Le vent pour seule amie silencieuse
Là-bas les oiseaux s’éloignent
Repli malin vers les bois de pin
Seuls figés les égarés, frissons sur les peaux
Les cailloux polis par les assauts successifs
Les vestiges d’algues lointaines
Et quelques morceaux de verre, billes multicolores
La déferlante brouillard monte sur la dune
La fille s’assoit sur le sable
Mains qui s’enfouissent, regard fier
Disparaît alors l’horizon dense
Se laisser peu à peu engloutir
Faire sienne l’écume blanchâtre
Les yeux tentent de percer l’épaisse ouate
Rien que le bruit bleu pour se souvenir
Dans quelle vapeur elle se trouve encore
La plage s’estompe, peinture fade
Encore quelques cris plus loin, sourds
Le vent blanc transporte toutes les âmes perdues
Précieux capitaine d’un territoire à présent hostile
Camouflés les rayons du soleil
Paysage lunaire, la fille de la brume est chez elle
Elle sourit
Perdre à présent les frontières des pleins jours
S’aventurer sur les failles des limites
Mélanger la terre et l’océan
La fille de la brume rit encore
A la seconde, fantôme sans contours
Les embruns frappent
Entrevoir une vague, caresse
La laisser lécher, trembler
L’embrasser
S’évaporer

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