Les petites musiques

Les paroles de cette chanson sont venues percuter mon dimanche matin. Je me suis demandée de quelle année elle datait pour être aussi actuelle. Et puis quelques traces du passé comme l’évocation des francs. Vous savez les choses avec lesquelles on payait avant les euros…

Années 80. J’avais 14 ans. Des idéaux plein la tête, des convictions qui émergent et s’inscrivent en contre de la famille. Je comprends assez vite que les injustices me retourneraient les tripes longtemps et fort. J’entends encore un homme politique français proposer que l’on renvoie les malades atteints du sida dans des sidatorium et les immigrés loin de la France.  
Et cette chanson qui nous parle et nous arrache de nos quotidiens, déjà.
Ce matin, qu’est-ce qui a changé ? L’humanité dont je rêvais adolescente, celle que j’ai défendu, où est-elle ?

Les lieux ont changé, les pays aussi. Reste l’étranger, l’expatrié, l’immigré. On change les mots, on remplace les frontières. Migrants ou réfugiés. On change aussi les lieux, plus d’hôtel mais des champs ou des usines. Déjà la chanson nous oblige à regarder autour de nous, à poser nos yeux sur les tout proches. A voir la misère voisine. 
Cette humanité, elle est où bordel ? Comment rester de marbre devant ces bateaux qui coulent ? Comment imaginer ces familles déchirées, arrachées de leur lieu de naissance ? Comment penser que des êtres humains soient joyeux de risquer leur vie pour débarquer sur des territoires hostiles ?L’humanisme se noie aussi avec ces corps flottant sur nos eaux chaudes.
Alors, j’entends derrière la voix du chanteur, des phrases telles que « On ne peut pas accueillir tout le monde » « Ce n’est pas possible ». 

Les réfugiés climatiques (encore une nouveauté dans nos vocabulaires) sont de plus en plus nombreux et nous en sommes responsables, nous Européens princes parmi les rois de la consommation. Ces choix de société nous reviennent en boomerang.  Et demain, peut-être nos enfants seront-ils également ces pauvres marionnettes cherchant une terre accueillante ? Les laissera-t’on couler ?

La chanson nous parle de la course des planètes. De nos jours, les planètes et les visions du monde s’affrontent. Des pensées dominantes nous font croire que tout est inéluctable. Qu’il y a les nantis et les autres. Que l’on est du bon côté. Jusqu’à quand ? Pensent-ils vraiment que des millions d’êtres humains vont attendre la mort sans rien faire ? Ne serait-il pas le moment d’imaginer un autre cours des choses ? 

Said et Mohamed – Cabrel

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