J’ai entendu ton rêve ce matin, il m’a réveillé doucement
Il avait tambouriné toute la nuit sans que je ne puisse y répondre
Il me disait ce qu’il voulait faire sans détours
« Se prendre la main, dessiner des terres dorées
Laisser la joie s’infiltrer, être à deux, tout contre »
J’ai écouté et suis revenue à ma solitude pour y construire mes remparts
Savourer encore un peu les délices sonores de recueillement
Il y aurait une forêt et une plaine fleurie aussi et du vent
Parfaite immobilité des corps, esprits bouillonnants des vivants ailleurs
Arrive cet absolu fracas, tes pas au loin
Me faire sortir de cette torpeur, tu es mon mystère obstiné
Alors je te donne la main dans un demi-soupir
Occulter ces secondes de gênes et de paroles
Ne jamais se remettre de cette soudaine aphasie
Tu entres à pas feutrés dans mon repère
Vois ses trésors, découvres mes sombres décors
Nos conversations en murmures
Et la vie te rappelle, inconstante adolescente
Les rues animées attirent ta légèreté
Les lumières perfides abusent de tes faiblesses
Tu t’éloignes de ce qui te paraît fragile
Alors, derrière mes paravents muets, je construis un pont
Entre toi et moi
Rien que pour toi et moi
Nous y prendrons le chemin, incertains et déséquilibrés
Nous retrouver dans le silence du monde
Imparfaits, différents, fêlés, possédés.
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