Chergui quand tu sors
Ruelles où tu longes les murs pour éviter le soleil, les mobylettes et les ânes
Chaleur de l’après midi
Riad frais, sauveur
Bassin d’eau froide
Carrelage en ciment bigarré
Orange fine à la cannelle
Thé vert à la menthe sucré
Sourires des femmes à l’abri des regards des hommes
Décolletés reluqués avec envie et jugement
Se sentir happée par le désir interdit, les mains des femmes qui veulent te tatouer à l’henné
Soins de petites mains douces
Tunique sombre remise pour sortir
Enfants de la rue débraillés et bruyants
Sable brûlant du désert
Dromadaires dans le peu d’herbes perdues
Vitesse d’engins motorisés
Poussière insidieuse, partout
Odeurs peu habituelles qui collent à la peau
Ici, même les parfums s’orientalisent
Cuisine du sud, épices colorées
Fruits rares dans la rue, abondants
Choc des riches et des autres
Mains mendiantes
Bling bling de cagoles
Tout en toc, cheveux lisses du soir
Selfies d’avant couvre-feu
Vieille civilisation perdue dans les dorures
Mondialisation néfaste
Alcool qui se cache
Sons entêtants des cinq prières
Voix mélangées et profondes,
Chats errants, maigres, fatigués
Linge étendu sur les terrasses
Parfois un rire, un mot
Toujours le vent chaud qui ramène
Suivre les senteurs de cuir et de safran
A travers les moucharabiehs
Deviner ces autres mondes
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