Oranges

Les oranges réclamaient leur place au soleil
Premières de la classe, elles voulaient être
Mais juste gribouillées, inaperçues, elles ont presque disparu
Entre les rouges et les mauves plus majestueux
Gros fruit juteux sans surprise
J’ai repensé aux champs d’oranger en Espagne
J’y allais l’été, il n’y en avait pas sur les arbres
De fruits
Et puis ces moines qui arpentent les rues, sourire aux lèvres
Imprenables
L’eau range – Dérange – Arrange
Étal de fruits, vitamines
Cachée dans ma prison, je pense au Noël des vieux
De mon temps, on n’avait qu’une oragne
Aujourd’hui, on la laisse aux mendiants
OR-ANGE
Gourmette fine sur peau marbrée
C’est la naissance, on fête ça !
Aurai-je aussi des enfants ? De l’or ?
Toujours ces tentures soyeuses sur ma peau
Peau d’orange, je fripe aussi
Chaque chose passe, ma peau aussi
Mes années. je mange toujours des oranges
Qu’importe d’où elles viennent de la planète
Mon palais se fout du bilan carbone
Mes oranges ont valsé, fières, heureuses d’avoir pu provoquer
Banale orange de table
Lecteurs outrés de mon manque de civisme
Rassurez-vous, bientôt je mettrai ma tunique
Celle de la religion des autre
Juste pour me sentir inondée par l’amour qu’on voudrait me porter




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