Provocation ? Un peu, mes amis…
Je rentre de vacances, l’esprit nourri par des lectures savourées au rythme lent des journées de plage. Dans ce blog, je vous partage souvent ma manière de choisir mes livres : le hasard y tient une place centrale. Et cette année encore, il a particulièrement bien fait les choses.
Chaque ouvrage m’a accompagnée vers une réflexion que je porte depuis plusieurs mois autour du coaching, de l’accompagnement et plus largement du développement personnel. Une réflexion qui s’inscrit aussi dans mon propre cheminement.
Devenir meilleur… ou s’accepter ?
Il y a quelques années encore, je pensais différemment. Aujourd’hui, je crois de plus en plus que la route vers l’acceptation de soi est bien plus source de bonheur que celle qui consiste à vouloir devenir meilleur.
Dans son roman « Le jour où je me suis aimé pour de vrai », Serge Marquis nous invite à rencontrer Maryse, une femme hyper accomplie, performante, reconnue. Jusqu’au jour où quelques questions, posées par son enfant malade, viennent profondément bouleverser sa manière de voir la vie.
Et si la quête permanente de mieux était à l’origine de beaucoup de nos souffrances ?
Et si l’enjeu n’était pas de devenir quelqu’un d’autre… mais de devenir pleinement soi ?
L’illusion de l’objectif à atteindre
Dans ma pratique, je constate que lorsqu’une personne entame une démarche d’accompagnement, c’est très souvent pour atteindre un objectif. Mais que se passe-t-il une fois cet objectif atteint ?
Un autre apparaît aussitôt. Comme dans les achats compulsifs, on ne s’arrête jamais. On peut toujours faire plus, mieux, autrement. Cette logique de performance finit par nous éloigner de nous-mêmes.
Serge Marquis parle de pleine conscience, de cette capacité à être là, ici et maintenant, sans se projeter ailleurs. Et si nous décidions, consciemment, de ne plus céder à toutes ces pressions intérieures ? Et si nous choisissions simplement de vivre ?
Être aligné : une question centrale en accompagnement
J’entends déjà certaines voix :
« Oui, mais pour certains, le bonheur, c’est être plus performant, plus riche, plus entouré… »
Peut-être.
Mais aujourd’hui, je n’y crois plus de la même manière.
Je pense qu’un coach ou un professionnel de l’accompagnement devrait avant toute chose vérifier une chose essentielle :
l’alignement de la personne.
Cherche-t-elle à devenir « mieux » pour répondre à des attentes extérieures ?
Quelles sont les motivations profondes, intérieures, parfois invisibles, qui la poussent à vouloir changer ?
Ces raisons là méritent d’être observées avec attention, délicatesse et curiosité — une posture qui me semble essentielle en pratique narrative.
Externaliser l’ego pour revenir à soi
Serge Marquis met en scène Egoman, cette voix intérieure exigeante, critique, parfois tyrannique, qui dicte si souvent nos comportements. Il fait dire à ses personnages une phrase que j’ai adoptée moi aussi :
« Reviens, reviens là. »
Lorsque Egowoman commence à me murmurer à l’oreille, je me dis :
« Reviens, reviens là Laurence. »
Juste pour ramener mon esprit dans le présent.
Pour l’empêcher de vagabonder vers le passé ou le futur.
Pour être là, simplement, et savourer ce qui est.
Je ne vous cache pas que c’est très, très difficile…
Choisir le chemin vers soi
Si demain je devais accompagner des personnes vers un chemin, ce serait le chemin vers soi. Je refuserais les injonctions à la performance, les démarches uniquement centrées sur l’objectif, les ambitions dictées par l’extérieur. Peut-être parce que, profondément, je ne crois plus à ces demandes-là. S’aimer pour ce que l’on est réellement.
Apprécier la personne qui est là, sans chercher à endosser les identités que les autres nous plaquent sur le dos.
Pouvoir même refuser certaines de ces identités.
Apprendre à s’aimer pour de vrai…
Quel beau défi, ne trouvez-vous pas ?
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