Et j’ai vu les bleus
Ceux du ciel ou d’une photo filtrée
Ceux d’une maison au Maroc, en Tunisie ou ailleurs
J’ai vu le bleu d’un vieil uniforme bien lourd
Un rigide, un bleu détesté
Et le bleu laissé sur mon cœur
Le bleu délavé des yeux de mon frère
L’océan qui se jetait dessus
Et le bleu alléchant des faux semblants
Formes rondes et arabesques
Plongée dans les abysses comme hypnotisée
Les bleus se sont alors rebellés
Pourquoi étaient-ils sortis de l’horizon ?
Couleur bannie de mon arc en ciel
Aujourd’hui première choisie dans cette farandole de crayons
Réhabilitation estivale, délires de chaleur, ennui
Ou bien simple promesse de voyages et d’exotisme
Bleu lavande, bleu turquoise, bleu piscine
Tous à la queuleuleu
Et ce bleu jean traversant les années
Usé, aimé, trainé, maltraité
Ce marine qui offrait voiles et gouvernail
Et aussi ce bleu nuit certitude de vagabondages
J’ai aussi vu le bleu à l’âme, celui qui cogne, qui laisse des traces
Du bleu à lames rayant tout sur son passage
Et dans ce tourbillon chromatique, j’ai cherché à l’aimer
En vain.
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