L’odeur des pins

Il y a ces voitures qui pourraient nourrir des familles entières
Des maisons en bois plus solides que des cabanes
Des rues propres et lumineuses
Il y a parfois des arbres. Très vieux. Tordus
Des noms de maison. Toujours des femmes
Le vent qui joue une mélodie discrète
Des mouettes qui glanent sur le sable
Et des moineaux sur les assiettes 
Il y a la forêt aussi. Plus loin la dune
Sable à travers les orteils. Aiguilles de pin sous le talon 
Il y a des peaux blanches. Dorées. Mais très blanches
Des soucis que l’on efface à coup de billet
Cette femme avec chauffeur. Pourtant dans un fauteuil. Immobile
Il y a peu d’enfants. Semaine. Des vieux. Et nous
Une pause sous les pins. Les pignes qui claquent. Les nappes sur les tables en bois. Le soleil qui perce. L’air plus présent
Il y a cette parenthèse dans la semaine. Comme un cadeau. Presque une récompense
Les mains dans la main. Sourires aux lèvres. Bras rougis. Lunettes sombres. Il y a ces temps. Ceux qui donnent à rêver. Ce café que l’on prend encore. Ces fougères bien vertes
Il y a cette odeur de pin mêlée à l’océan. S’accroche à la peau. Loin des vitrines
Il y a ces mondes qui se frôlent. Des incursions de part et d’autre. Jamais de véritables rencontres
Il y a ce copeau de bois que l’on emporte. Meilleur des bijoux.


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